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« On avance à l'aveugle » - quel premier bilan à tirer après la réouverture des cinémas ?

04 juillet 2020 à 14h59 Par Jérôme Martin-Castéra
Crédit photo : JMC

Pour le savoir on a posé notre micro dans deux cinémas radicalement opposés : l'associatif du VOG à Bazas et le CGR d'Agen.

Depuis le 22 juin les français.e.s regoûtent au plaisir de pouvoir retourner au cinéma après trois mois de fermeture. Pour reprendre leurs activités, les différents établissements ont dû mettre en place un protocole sanitaire divulgué la veille de la réouverture. « On s'attendait à beaucoup plus strict » confesse d'ailleurs Amélie Peter, l'énergique animatrice de Bazas Culture Cinéma. Distance physique d'un mètre à respecter, utilisation de gel hyrdroalcoolique, port du masque pour les employés et uniquement dans le hall pour les visiteur.euse.s … sont notamment les mesures prises pour la sécurité de tous. Franck Riester, ministre de la Culture, avait confié que la réduction à 50% de la capacité des salles n'avait plus lieu d'être.

Pascal Humbert : un retour en toute sécurité

Quel bilan en ville et en zone rurale ?

Les 10 salles du CGR d'Agen ont donc pu retrouver du public en toute sérénité. Dès le lundi de la réouverture, la foule était d'ailleurs au rendez-vous. « Il y a eu 114 entrées le lundi 22, ce qui n'est pas rien » développe Pascal Humbert, le directeur du cinéma lot-et-garonnais habitué à être positif. Même enthousiasme dans le cinéma un écran du VOG de Bazas avec une séance à 60 spectateur.rice.s devant "De Gaulle", l'un des films phares de cette réouverture avec le Disney Pixar "En Avant", "Les Parfums" avec Emmanuel Devos et surtout "La Bonne Épouse" au casting fabuleux : Noémie Lvosky, Juliette Binoche, Yolande Moreau, Edouard Baer... Démarrages plus timides en revanche, comme l'explique Pascal Humbert, de "The Demon Inside", "The Hunt" ou encore "Filles De Joie".

Amélie Peter : une bonne reprise au VOG

En pleine ville comme en zone plus rurale, les premiers jours étaient donc satisfaisants. « Au début on s'est dit est(ce que les gens vont avoir peur d’aller au cinéma ? Et puis nos spectateurs nous ont dit que le cinéma leur avait manqué » commente Amélie Peter qui reconnaît l'avantage d'être un mono écran avec un protocole sanitaire plus facile à mettre en place.

Une joie de courte durée ?

Mais après cette joie de quelques jours, le reste de la semaine a été plus calme à Bazas, à Agen comme partout en France. On tournait autour du million de français.e.s de retour dans les salles obscures au bout d'une semaine. Un score plus que correct en comparaison avec nos voisins européens mais bien disparate selon les zones géophraphiques. En cause possiblement le manque de films. « Il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent hormis les films porteurs de mars comme "De Gaulle" ou "La Bonne Épouse" » remarque le gérant du cinéma agenais. Pour ne pas arranger la chose de gros films attendus ont dû être repoussés. Prévues pour cet été, les retrouvailles avec Tom Cruise dans "Top Gun : Maverick" auront finalement lieu en décembre. "Tenet" de Christopher Nolan est décalé à la mi-août. Plusieurs fois repoussé, le très désiré "Mulan" devrait, si tout va bien, être visible le 19 août. « Ça va être un peu au ralenti jusqu'à mi juillet. On avance à l'aveugle » regrette Pascal Humbert.

Pascal Humbert : un manque de sorties de films 

Le constat est le même en Gironde. C'est d'ailleurs pour cela que le cinéma sud-girondin a décidé de s'adapter et de proposer plus d'animations que d'habitude durant l'été. Rien que d'ici la fin juillet trois avants-premières auront lieu au VOG : "Le Défi Du Champion" le mercredi 8 juillet, "Dreams" le 18 et "Dans Un Jardin Qu'On Dirait Éternel" le mercredi 22 avec en prime une dégustation de thé.

Amélie Peter : s'adapter pour l'été

Quelques petites pépites sont attendues tout même ces prochains jour pour booster encore un peu plus cette reprise comme "Été 85", le dernier François Ozon, "Scooby !", "Yakari", "Divorce Club" ou le très actuel "Tout Simplement Noir". 

Il n'y a plus qu'à voir comment évolue le scénario en espérant une happy end (mais sans réelle fin) pour les 57 cinémas de Gironde et de Lot-et-Garonne.