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Vendée Globe : une semaine après son départ, comment se porte l'arcachonnais Arnaud Boissières sur l'eau ?

15 novembre 2020 à 19h26 Par Jérôme Martin-Castéra
Crédit photo : Arnaud Boissieres / La Mie Caline - Artisans Artipole

Des hauts et des bas pour le navigateur girondin.

Une semaine après le départ du Vendée Globe, la compétition tient toutes ses promesses avec le britannique Alex Thompson qui fait la course en tête. Jean Le Cam est lui second et maintient une distance de moins de 100 kilomètres avec le skipper d'Hugo Boss. L'écart avec le troisième et le quatrième (Thomas Ruyant et Kévin Escoffier) commence à se creuser.

Une tempête, une fuite, un souci de voile, un dauphin et du sourire pour Boissières

Bien plus loin derrière se forme un groupe central avec plusieurs navigateurs et navigatrices côte à côte ayant dépassé.e.s les Açores. Parmi eux, Arnaud Boissières. Le natif de Bordeaux apparaît au dernier pointage à la 24ème place après avoir occupé la 30ème position en début de semaine. Une remontée et une stabilisation qui n'a pas été de tout repos quand on sait que très rapidement après le départ de la course, un premier souci matériel a fait son apparition. Pour faire simple, une voile a été bloquée dans le mât du navire provoquant pas mal de zigzags. Débrouillard, le girondin a fini par monter sur le mât au moment où les conditions le permettaient.

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Une fois ce souci réparé, "Cali" a pu aller de l'avant et recoller aux autres participant.e.s. jusqu'à une nouvelle mésaventure vendredi matin : «  La Mie Câline – Artisans Artipôle est à deux doigts de la coupure électrique et Arnaud craint de ne plus être en mesure de communiquer avec la terre d’une minute à l’autre ». Après moultes recherches, l'arcachonnais, tête plongé dans la mécanique, découvre l'origine du problème avec l'aide précieuse de son "crew" resté sur la terre ferme  : « c’est le plongeur, ce tube immergé dans le carburant, qui a une fuite et aspire de l’air en plus du gazole. Bref, une casse que personne ne pouvait imaginer. Une fois le diagnostic posé, la solution est de transférer le gazole dans un bidon, transformé en réservoir de fortune. L’alternative est contraignante puisqu’il faut régulièrement transvaser le carburant mais permet au moteur de démarrer » expliquent les équipes de La Mie Câline-Artisans Artipôle. « C’est original comme début de Vendée Globe. Il m’arrive pas mal de trucs que je n’avais jamais eu. Il y a quatre ans, j’avais eu un gros problème au début mais après, c’était réglé. Là, c’est dans la longueur » ironise Arnaud Boisisères.

Le monocoque IMOCA long de 18,28 mètres et large de 5,66 mètres a croisé la route de la dépression Théta. Tempête qui a dû rendre la navigation plus capricieuse pour les désormais 32 skippeu.se.rs. Jérémie Beyou, l'un des favoris de la course a dû faire demi-tour aux Sables d'Olonne et annoncera demain s’il repartira ou non.

Pendant ce temps-là, Arnaud Boissières philosophe :

« Je dis et me dis que, sur le Vendée Globe, on commence à souffler à la latitude de Gibraltar. C’est promis, je ne le dirais plus. La nuit est brumeuse avec des cargos à la pelle. C’est impressionnant ces cargos mais je n’aime pas trop ce qu’ils représentent : la démesure. Dès que j’en vois un, je le prends en photo, je ne peux pas m’en empêcher. Je pourrais faire une encyclopédie sur les cargos que je croise. Les moches, les moins moches, les moins gros, les moins sales ou encore les étranges. Ça fait marcher mon imaginaire. Ils sont combien à bord, d’où viennent-ils ? Ils font quoi ? … »

Tant de questions, sans réponse ! Sinon, celui qui est train de courir son quatrième Vendée Globe (un record), garde le sourire : « le bateau est en forme, moi aussi ». Arnaud raconte même avoir eu l'occasion de croiser un dauphin : « c'est une petite récompense. Je me suis dit c'est génial d'être là ».

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7ème en 2008, 8ème en 2012 et 10ème en 2016, Arnaud Boissières a, cette fois-ci, un objectif précis : boucler cette édition en 85 jours. Ces 7 premiers jours n'auront pas été de tout repos (pour lui comme pour l'ensemble de la flotte), les suivants seront, espérons-le, plus cléments. À plus de 42456 km de l'arrivée, le local de l'étape s'apprête à débarquer dans hémisphère sud du globe.