Mise en ligne le Mardi 05 Février 2019
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Ligue 1 (18e journée match en retard) MARSEILLE / BORDEAUX (1-0) : Impuissants (aussi) dans le silence...

Deuxième victoire de l'OM seulement sur ses 13 derniers matches (la première depuis le 11 novembre...), et Rudi Garcia, observateur des débats depuis sa loge pour avoir été suspendu de banc par la  Ligue, qui gagne un sursis par ce succès providentiel avec une équipe presque Bis, privée de 6 titulaires. S'il y a quelque raison de s'enthousiasmer du huis clos imposé au Vélodrome, elle concerne uniquement les Olympiens, qui se hissent à la 7e place, avant leur déplacement à Dijon ce vendredi. Car le silence, presque assourdissant, imposé dans ce stade gigantesque résonne bien différemment aujourd'hui en Gironde. Il ne fut pas d'or comme on l'espérait naïvement, mais de plomb ; Bordeaux, fidèle à lui-même, a encore une fois rasé gratis ou joué l'Abbé Pierre pour requinquer un malade. Il ne faudra pourtant pas compter sur l'OM pour lui envoyer l'avis de remerciements. Même si leur seconde période a eu un peu plus de relief que la première, à sens unique pour l'OM (17 tirs contre 3, 5 corners à 0 et 64% de possession à la pause), à moins que ce ne soient les Phocéens, menant au score, qui aient quelque peu relâché leur pression, les Girondins - au risque de se répéter - se sont encore montrés bien trop lisses - le mot est faible - offensivement pour espérer inverser un sort contraire et éviter une 8e défaite qui les laisse dans l'anonymat du classement, sans doute pour un bon moment maintenant, vu le programme qui les attend. Avec ou sans pression du public, 2 heures de plus de jeu n'y auraient rien changé. Mandanda n'eut en tout et pour tout que deux arrêts à effectuer, d'abord une manchette ferme pour repousser en corner, avec l'aide du sommet de sa barre, un tir enroulé et dévié au départ de Kamano (entré à la mi-temps), bien démarqué par Briand après un corner de Plasil (le premier de la soirée pour les Girondins à la...56e minute); ensuite un arrêt sur sa ligne après une frappe à ras de terre du gauche de De Prévillle, entrée en jeu juste auparavant (90e + 1). Une misère, comparée à ce que l'OM obtint en première période, avec 3 arrêts de Costil qui permirent de retarder l'échéance. Sur un ballon perdu dans l'axe par les Girondins, Germain lançait d'abord Ocampos qui se présentait devant le capitaine bordelais, lequel fermait bien l'angle et gardait la main ferme sur sa frappe lourde (6e). Puis, après l'expulsion directe de Kalu pour un tacle par derrière complètement inutile sur Ocampos sur la ligne médiane alors qu'il n'y avait aucun danger alentour (24e) qui changea complètement la donne, Marseille fut encore plus dominateur et Costil s'envolait de nouveau sur une tête de Sakai, l'un des meilleurs marseillais, à la réception d'un corner de Lopez (30e), avant de se montrer encore décisif sur une tête de Germain (37e), les Girondins souffrant le martyre dans le domaine aérien malgré la présence de Pablo, certainement le meilleur girondin ce mardi avec Costil et Koundé. Le but chauffait car les Marine et Blanc ne tenaient pas un ballon devant, avec un Cornelius invisible et privé de ballons propres par le tandem de fortune Caleta-Car/Kamara, pourtant bien moins grand que lui. C'est encore une fois sur un coup de pied arrêté et sur une absence de défenseur au second poteau, comme à Angers, que Bordeaux cédait, en toute logique, lorsque le corner de Lopez (consécutif à un coup-franc de Caleta-Car écarté par Costil), dévié de la tête au premier poteau par Germain bien plus prompt que Koundé, Palencia et Pablo réunis (en photo), atterrissait au second sur Kamara, esseulé au milieu de Plasil et Briand qui avait lâché le marquage, pour une tête plongeante à bout portant (1-0, 42e) qui valait au minot marseillais son premier but en L1. Les Marine et Blanc frôlaient même le KO quand une frappe enroulée de Sanson de l'intérieur du pied tutoyait l'extérieur du montant droit de Costil (44e). Après les citrons, les Girondins, un peu moins bas sur leur but, mettaient le nez à la fenêtre, mais seulement le nez et pas grand'chose d'autre, hormis les deux occasions citées plus haut. Mais à dix contre onze, et donc privés de leur attaquant nigérian pour Paris ce samedi et sans doute aussi pour la réception de Toulouse, à minima, ils n'avaient ni la lucidité, ni la hargne pour arracher un nul qui, dans ce contexte, eut constitué un excellent point. L'absence de Yann Karamoh, resté à Bordeaux "sur décision du staff" (dixit Bédouet, la mise à pied du joueur jusqu'à nouvel ordre étant intervenue ce mercredi) ne les aida pas non plus à exister dans les stats de ce "Pequeño Clasico" qui ne restera pas dans les annales. On attendait une réaction d'orgueil des Girondins après Strasbourg, on ne peut pas dire qu'elle ait eu lieu, malgré l'étroitesse du score...face un OM extrêmement diminué, rappelons-le. Les défaites minimales s'enchaînent donc, en ce début d'année qui laisse perplexe, c'est peu de l'écrire, et si les précédentes à Nice et à Strasbourg (sur le premier match) avaient une part certaine d'injustice, il n'y a pas grand'chose à redire à celle-ci, qui aurait pu être beaucoup plus large. Elle a d'ailleurs failli l'être lors du temps additionnel, mais M.Brisard, après recours au VAR, a fort justement invalidé le but inscrit par Bouna Sarr clairement en position de hors-jeu quand Germain a repris de la tête un centre d'Ocampos de la gauche, avant que le latéral olympien ne le glisse dans le but, à bout portant (90e + 3). Deux constats s'imposent : le premier est que, privé de son régulateur Lerager au milieu de terrain, Bordeaux est désormais en grande détresse dans ce domaine et semble encore plus déséquilibré qu'auparavant, scindé en deux blocs, au point de sauter les lignes et de balancer désormais trop de ballons vers l'avant, rarement exploitables. Le second c'est que l'Europe - si tant est que le sujet soit encore d'actualité pour un groupe qui a déjà affiché ses limites et qui n'a pas été renforcé au mercato par l'arrivée de joueurs confirmés, contrairement à l'an dernier - s'éloigne encore un peu plus pour les Girondins et la fin de saison risque de paraître très longue. Si la dynamique ne s'inverse pas et si le jeune Maja n'apporte pas à cette attaque la percussion régulière qu'elle n'a eue que par intermittences depuis le début de la saison, et plus guère depuis un mois et demi, viendra très vite un moment où, à cause de la rotondité de la Terre sans doute, qui tourne en tout cas bien mieux que le ballon dans leurs pieds tremblants en ce moment, ladite Europe disparaîtra définitivement de l'horizon. Peut-être même dès ce samedi dans la capitale. Car à moins d'une réaction d'orgueil magistrale et d'un match aussi abouti que le fut l'aller face aux Parisiens (2-2) au Matmut le 1er décembre (leur dernier bon match et haut fait d'armes en L, où ils jouèrent sur leur valeur), on ne voit pas comment les Girondins pourront tenir la distance au Parc des Princes pour la seconde manche (en direct sur nos ondes), face à une opposition d'un tout autre calibre que cet OM hétéroclite, sans identité de jeu et en soins intensifs, qui n'avait jamais semblé aussi bon à prendre depuis des années. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du stade Orange Vélodrome à Marseille, écoutez les réactions des deux entraineurs, Eric BEDOUET (FCGB) et Rudi GARCIA (OM), PABLO le défenseur brésilien des Girondins de Bordeaux et Valère GERMAIN l'attaquant de l'OM, impliqué sur le but du match, Boubacar KAMARA le milieu défensif de l'OM et buteur de la soirée, Jacques-Henri EYRAUD le président de l'Olympique de Marseille.