Mise en ligne le Samedi 09 Février 2019
écouter

Ligue 1 (24e journée) : Avant Paris SG / Bordeaux : Un nouveau Tango à Paris ?

Fin septembre 2017, personne n'a oublié en Gironde que les Marine et Blanc, sans pouvoir faire mieux que leurs malheureux colocataires de la Division 1, avaient pris ce qu'il est convenu d'appeler, dans le langage imagé, une "danse" au Parc des Princes (6-2), emportés par la puissance de feu du trio MCN (Mbappe, Cavani, Neymar). Une valse à mille temps que Brel aurait appréciée, eux beaucoup moins, à tel point qu'une longue période de dommages collatéraux, davantage psychologiques que physiques d'ailleurs, s'ensuivit sur les bords de la Garonne (plus de 3 mois) qui aboutit à l'éviction du fusible Jocelyn Gourvennec le 18 janvier, avant que les Girondins ne retrouvent un certain allant sous l'impulsion d'un nouvel entraîneur, Gustavo Poyet, et ne décrochent in extremis l'Europe en finissant le championnat en boulet de canon. Si l'on avait la certitude, à l'aune de ce qu'ils ont montré sur les 23 premières journées du présent exercice, qu'ils ont la qualité technique et la force de caractère pour refaire le même coup cette année sans les mêmes hommes, on serait presque prêts à passer avec indulgence sur l'issue de ce combat de David contre Goliath (11 matches au Parc, 11 victoires, 44 buts inscrits et 4 d'encaissés pour le PSG jusqu'à présent, qui présente à domicile des stats si royales que le Parc des...Princes n'a sans doute jamais aussi bien porté son nom) où seulement 3 points seront en jeu, mais que beaucoup de coaches de Ligue 1 prennent souvent, en amont, la précaution de qualifier de "match à part", afin d'anticiper - et d'édulcorer surtout - un raz-de-marée hautement prévisible. Oui mais voilà, depuis ce très bon match aller au Matmut (2-2 le 1er décembre) qui fut sans doute leur meilleur en L1 cette année, suivi d'une héroïque mais inutile victoire à Copenhague (1-0) en clôture de l'Europa League où l'on crut déceler la même solidarité - et la même once de chance, mais l'une va rarement sans l'autre - que face aux Parisiens 13 jours plus tôt, les Bordelais n'ont plus rien montré qui ressemble, même de loin, à un match digne de leur valeur supposée sur le papier...Rien que quelques fulgurances liées à des exploits individuels au moment où l'on s'y attendait le moins qui tinrent davantage de la loterie que d'autre chose (Kalu contre le Havre et Dijon, Karamoh à Angers) qui permirent de cacher pour un temps l'indigence offensive d'un groupe qui continue de se chercher, jusqu'à ce qu'elle éclate au grand jour sur les trois derniers matches, à Strasbourg puis à Marseille, accentuée désormais par un milieu de terrain sur le fil du rasoir et orphelin de son régulateur Lerager, sur le départ duquel le coach girondin, de son propre aveu, n'a même pas été consulté.... Difficile dans ces conditions, donc, de croire à un nouveau regain, même s'il tomberait à pic pour redonner du piment, ou tout simplement du sens, à une fin de saison où les partenaires de Costil ne risquent pas de s'éparpiller dans la poursuite d'autres challenges. Si le staff et la Direction du club ont rappelé avec force cette priorité tout récemment, c'est sans doute parce que le souci de se faire violence n'était plus forcément présent dans les esprits de tous... Ce n'est pas la première fois que cela se produit ces dernières années, surtout après une période de mercato parfois déstabilisante où les ego ou les envies d'ailleurs avortées peuvent aussi conduire à quelques bouderies de gamin. Une utile mise au point, en Girondin dans le texte, qui a donc abouti à la mise à pied de Karamoh et à l'écart de Sabaly pour le match à l'Orange Vélodrome, le comportement désinvolte du premier ayant visiblement plus dérangé que l'insubordination du second, parti rencontrer Fulham sans l'autorisation de son employeur français. Si l'on ignore combien de temps la sanction sera appliquée pour l'un et l'autre, elle peut aussi, en l'absence de Kalu suspendu, faire le jeu des minots recrutés au mercato, l'anglo-nigérian Josh Maja et le jeune parisien Yacine Adli, qui pourrait, par un étrange jeu du destin, faire ses débuts sous son nouveau maillot face à son ancien club, si Ricardo et Bedouet (prudent cependant en conférence de presse) décident de les lancer dans le bain. Les Parisiens ont certes joué 24 heures après les Girondins, qui plus est une prolongation en Coupe de France face aux coriaces joueurs de Villefranche-sur-Saône ce mercredi (3-0 A.P), mais vu la profondeur de leur banc (même sans Neymar, cette fois) et surtout à 3 jours d'un rendez-vous majuscule en Champions League à Manchester United, on les imagine mal lever le pied ce samedi et laisser s'insinuer l'ombre d'un doute, Tuchel ayant déjà assez de problèmes avec son milieu de terrain, où le retour du banni Rabiot revient sur toutes les lèvres...sauf les siennes, pour l'instant. La seule chance des Girondins, qui furent les premiers cette année à freiner les Parisiens et leur chiper leurs premiers points, résidera dans leur état d'esprit avant d'aller affronter le croiseur francilien. L'histoire récente a maintes fois prouvé qu'ils ne sont jamais aussi étonnants, dans le bon sens du terme, que quand on les donne battus à cent contre un, par fierté et/ou par esprit de contradiction probablement. Alors, même si on croyait bien avoir vu le dernier avec Marlon Brando depuis des lustres, il ne tient qu'à eux que ce nouveau Tango à Paris, danse argentine au rythme très supportable comme chacun sait, ne tourne pas au jerk ou au rock asphyxiants de la saison passée. Sur ce rectangle vert qui semble plus brûlant que n'importe quel autre en France, tout dépendra en fait de leur chef d'orchestre...s'ils en ont un. Ecoutez une partie des réactions de Benoit COSTIL, le gardien de but et capitaine du FCGB, Eric BEDOUET (en photo), l'entraîneur des Girondins de Bordeaux, et Thomas TUCHEL, l'entraineur du Paris SG, au micro de Christophe Monzie. Pour entendre l'intégralité de ces entretiens ainsi que des réactions parisiennes d'avant-match, rendez-vous ce vendredi 8 février dans Le Week-End en Sport et Top Girondins (avec en invité vedette, Alain Roche) à partir de 18h30, puis samedi 9 février dans le mag d'avant-match de Top Chrono à partir de 16h10. Coup d'envoi : 17 heures, commentaires de Christophe Monzie. Et gagnez vos invitations pour le derby de la Garonne Bordeaux / Toulouse du 17 février à 15h pendant ce reportage en jouant avec ARL au 05 56 63 35 52 !



Match à suivre sur toutes nos fréquences en direct intégral du Parc des Princes à Paris, sur notre site internet www.arlfm.com et sur l'appli "Les Indés Radios" (gratuite).