Mise en ligne le Dimanche 10 Mars 2019
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MONACO / BORDEAUX (1-1) : Cohérence et solidarité, enfin, pour un nul mérité

Il fallait bien qu'un jour, la roue tourne enfin en leur faveur (comme aurait dit Ribery...), et l'on ne demandait qu'à ce que la réalité du terrain le démontrât. Il fallait bien aussi qu'un jour, ils finissent un match sans encaisser un but sur coup de pied arrêté. A ce double titre, la soirée monégasque aura été celle des premières pour des Girondins à l'aube d'un renouveau qui demande à être confirmé. Après les amères sorties à Lyon (but de Karamoh refusé) et Dijon (2 buts refusés) en novembre, Nice et Angers (2 penalties imaginaires) en janvier, Marseille (expulsion de Kalu) et Paris (faute imaginaire de De Préville) en février, le recours au VAR aura enfin souri aux bordelais en Principauté et ce n'est que justice, tant il apparut que M.Letexier, à l'inverse de ses congénères sur les stades précités qui s'enferrèrent dans leurs erreurs malgré l'évidence des images, aura su prendre les bonnes décisions dans un match qu'il dirigea avec autorité et discrétion à la fois. Oui, au regard de nouvelles lois pas forcément pertinentes puisqu'elles défient la physique (faut-il rappeler aux ignorants de la loi de pesanteur qu'un bras décollé du corps permet aussi à un corps humain de garder l'équilibre et que c'est un réflexe conditionné, pas volontaire) ni en accord avec l'esprit du jeu, mais qui ne visent qu'à augmenter le spectacle à tout crin en multipliant les situations de marquer, il y avait bien penalty sur ce corner de la gauche de De Préville où Falcao au second poteau, tout à fait involontairement, toucha le ballon du haut du bras, ce qui permit à Jimmy Briand - très discret jusqu'alors, mais dont le pied ne trembla pas pour son 6e but personnel - de remettre Bordeaux dans le match, d'un contrepied imparable (1-1, 64e) qui constituait lui aussi une autre "première" : celle d'un penalty en faveur des Girondins cette saison à l'extérieur en Ligue 1...Jamais en effet Bordeaux n'avait eu droit à cette faveur jusque là. Non, au grand dam des monégasques et d'un stade Louis II qui crièrent à l'injustice, il n'y avait pas penalty quand Pablo détourna de la hanche - pas du bras - une frappe du très offensif Sidibé (81e). Et oui (acceptons-en l'augure...) il y avait hors-jeu (puisque le juge assistant maintint son drapeau levé dès le départ de l'action) de Vinicius quand le longiligne portugais reprit de volée à bout portant une remise de la tête de Falcao sur un centre de la droite de Gelson (86e, en photo, entre Koundé et Sabaly), même s'il a presque fallu un pied à coulisse pour juger du hors-jeu, Koundé semblant sur la même ligne. Le même pied à coulisse qui avait permis d'invalider le but de Kamano à Dijon le 24 novembre, par exemple, faut-il le rappeler à des monégasques amnésiques qui se sont soudain sentis persécutés...En tout cas, ce 10e point de pris et ce 4e nul de la saison à l'extérieur pour les Girondins est un résultat qui a du sens, parce que la réaction d'orgueil, devant celui qui fut sept mois leur coach et celui qui va le devenir dès ce lundi et avait fait le déplacement en Principauté, vient confirmer que le groupe a sans doute enfin pris conscience de l'urgence d'une situation de plus en plus inquiétante au fil d'une série de défaites certes minimalistes, mais pleines de néant. Comme aucune des 10 unités de ce maigre pécule (Bordeaux reste la 16e équipe au classement à l'extérieur) ne fut acquis dans la facilité ni le fruit du hasard, il fallut aussi d'autres paramètres précieux pour le glaner, au premier rang desquels un Costil une fois de plus impérial, comme il l'avait été à Angers, Reims, Dijon, Lyon ou Guingamp, autres stades d'où Bordeaux ne revint pas bredouille cette année. Si le capitaine bordelais n'eut qu'un seul arrêt délicat à effectuer en première mi-temps, d'entrée de jeu sur une frappe sèche à ras de terre du russe Golovin (2e) et trembla sur une autre, à peine trop croisée de Rony Lopes qui avait réussi à prendre de vitesse Pablo sur l'aile droite (40e), il vit ses gants monter sérieusement en température sur les vingt dernières minutes, devenues étouffantes dans un match disputé jusqu'alors au petit trot, tant l'ASM mit la pression pour essayer d'aligner un 4e succès de suite à domicile. Alors que les 5 minutes qui avaient suivi son égalisation avaient laissé croire que les mouches changeraient d'âne tant Monaco sortit alors du match, prenant deux cartons justifiés coup sur coup (Gelson 68e, Jemerson 69e pour des fautes d'agacement) et frôla le pire quand Karamoh, sur un centre fuyant de De Préville (le joueur offensif bordelais le plus actif sur ce match) au second poteau rata l'immanquable seul à 6 mètres (67e) pour la plus grosse occasion bordelaise de la soirée, Bordeaux eut peut-être le tort de ne pas insister, puis de reculer, comme souvent cette saison hors de ses bases. L'entrée de Vinicius y fut pour beaucoup, et le ballon sembla brûler les pieds des Girondins, qui le rendaient trop vite à leurs hôtes aussitôt après l'avoir récupéré. C'est alors que Costil joua les pompiers de service, un peu comme à Angers le 15 janvier (1-2) en écoeurant les attaquants monégasques (Vinicius 73e, 85e, Silva 75e sur une frappe enroulée, Golovin 77e, Gelson 81e avec un arrêt au pied). Finalement, ce n'est que sur la première offensive monégasque du second acte que le portier bordelais avait dû s'avouer vaincu, quand l'intenable Ballo-Touré, constamment aux avant-postes sur son flanc gauche car bien trop libre de ses mouvements, avait délivré un centre millimétré pour Falcao, plus prompt que Pablo, dont le timing et la tête décroisée parfaits avaient secoué le petit filet bordelais (1-0, 49e). Mais pour une fois, Bordeaux cédait sur une action "classique" et en mouvement, pas sur un coup de pied arrêté où les étourderies de marquage à répétition, jamais commises par les mêmes joueurs, sont beaucoup moins pardonnables. Il reste certes convalescent et s'est encore montré bien timide sur le plan offensif, malgré les entrées de Kalu et Karamoh pour remplacer un Kamano encore décevant. Mais après avoir tenu l'OL en échec et perdu à Paris sur une erreur d'arbitrage, il a une nouvelle fois prouvé que face aux gros cubes de la L1, il tenait la route et restait capable de faire preuve de cohérence, de consistance et de solidarité. Bref, d'un peu de caractère. Autant de qualités qui lui avaient manqué à Nantes ou à Marseille, ou contre Guingamp au Matmut, pour ne citer que les exemples les plus récents. Avec 33 points au compteur, il lui faut encore au moins deux victoires et quelques miettes glanées ici et là pour assurer son avenir dans l'élite. Dans l'envie en tout cas, on a vu des choses encourageantes et des comportements qu'on n'avait plus guère vus depuis plus d'un mois. Sousa aura sûrement apprécié, et Bédouet aussi, qui part sur une bonne note et avec l'élégance du gentleman charismatique qu'il a toujours été. Dommage seulement qu'en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, Tchouameni et surtout Maja...14 secondes après son entrée en jeu (un record) aient pris deux cartons jaunes stupides, fruit sans doute de leur jeune âge et de leur tempérament impétueux. Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du stade Louis 2 à Monaco, écoutez les réactions des deux entraîneurs Eric BEDOUET (pour sa dernière à la tête de l'équipe fanion du FCGB) et Leonardo JARDIM (ASM) ainsi que la réaction du capitaine des Girondins Benoît COSTIL. Pour entendre d'autres réactions d'après-match, rendez-vous ce lundi 11 mars dans nos journaux de 7h à 18h, puis dans Sports Magazine à partir de 18h30.