Girondins de Bordeaux

FOOTBALL - LIGUE 1 (10e journée) : BORDEAUX / ST ETIENNE (0-1) : Hold-up parfait, coup de pouce à l'appui...

20 octobre 2019 à 21h20
Les "faits de jeu" ont été contraires aux Girondins, c'est un euphémisme. ..

On n'en attendait pas moins de lui. Avions-nous été oiseaux de mauvais augure, ou simplement voyants extra-lucides (voir par ailleurs notre sujet d'avant-match) comme si nous avions pressenti le scenario de ce match ? Toujours est-il que Ruddy Buquet, le référé qui dirigea une nouvelle fois, six mois seulement après avoir officié à St Etienne avec aussi peu de clémence pour les Girondins (quelle fâcheuse coïncidence, mais n'allait-on pas quelque part au devant de pareille issue en désignant le même homme pour arbitrer les mêmes équipes ?), ce nouvel affrontement entre Marine et Blanc et Verts, aura remis le couvert en défaveur des Girondins avec une consternante incohérence qui pose tout de même problème, à la longue. Certes, ce n'est pas à cause de lui que les Girondins n'ont pas remporté ce match grandement à leur portée. Mais, quand le partage des points qui se profilait était déjà une aubaine pour l'ASSE, dominée de la tête et des épaules, c'est assurément à cause de lui qu'il l'ont perdu, avec un arbitrage à deux vitesses qui perdura au fil des minutes jusqu'à l'incrédulité des Girondins (plus fatalistes que belliqueux face à la chose, heureusement), avant de trouver son apothéose dans le temps additionnel sous la forme de cette décision effarante, offrant aux Verts la possibilité de réaliser, sinon le hold-up du siècle, du moins celui de la saison. Disons-le tout net et sans pour autant qu'on puisse préjuger du résultat final : sur l'ensemble de leur oeuvre, jamais les Verts n'auraient dû terminer à onze cette rencontre. Dans la manière pourtant, il n'y a pas grand'chose à reprocher aux Marine et Blanc, déjà battus chez eux sur le même score par le PSG le mois dernier, mais logiquement ce soir-là, pour avoir été sans doute trop prudents. Cette fois-ci, sans pour autant se jeter à l'abordage et prendre les contres d'une équipe qui a retrouvé son assise défensive et n'attendait que cela, ils ont abordé le match par le bon bout, même s'ils connurent aussi des temps faibles, notamment dans le second quart d'heure de la première période sans pouvoir approcher le but de Ruffier et qu'ils manquèrent cruellement d'efficacité, en l'absence d'un Nicolas De Préville, finalement ménagé, mais dont on put constater encore une fois combien il reste indispensable au rendement offensif de ce groupe, lequel n'a gagné qu'un match cette saison quand il fut absent (à Amiens). Dans une ambiance qui aurait dû être festive et fraternelle - les supporters des deux clubs s'estimant depuis longtemps - mais qui fut plombée par un florilège de banderolles déployées tout au long de la rencontre par un Virage Sud en colère après la Direction du club, les Girondins furent les premiers en action dès la 56e seconde avec une frappe hélas pas assez appuyée de Kalu, bien lancé par Aït-Bennasser qui était titulaire pour la première fois et a montré de belles choses. Ce fut d'ailleurs le seul fait d'armes du match du Nigérian, sans doute le bordelais le moins inspiré sur cette rencontre, logiquement remplacé par Hwang-Ui Jo à la 55e qui redonna aussitôt du tonus à une attaque bordelaise alors muette d'occasions depuis la mi-temps. Dans la foulée de cette escarmouche initiale, St Etienne tenta de donner le change avec une belle frappe tendue de Bouanga, pas attaqué, claquée en corner par Costil (2e), velléité qui devait rester longtemps...l'unique frappe cadrée forézienne du match jusqu'au penalty du même joueur, c'est dire. Il y eut tout de même ce ballon perdu par Pablo sur un excès de confiance, récupéré par le jeune Abi, mais Boudebouz se ferma trop l'angle après avoir crocheté Costil (7e). Puis Bordeaux, face à des Verts qui avaient tissé un filet aux mailles étroites et étaient venus en Gironde avec des intentions beaucoup plus défensives qu'au cours des 4 ou 5 dernières saisons, s'attacha à remonter proprement les ballons, et sur un renversement de jeu instantané et génial de 40 mètres de Briand, Kamano, oublié au marquage sur la droite, hérita de la plus grosse occasion bordelaise du match, mais perdit son duel avec Ruffier en croisant trop sa frappe (15e). Extinction des feux ensuite pour un quart d'heure, avec un match haché par les innombrables fautes commises par les Verts le plus souvent près de la médiane, dont l'une valut un jaune logique au capitaine Loïc Perrin coupable d'avoir séché Briand (19e), l'autre un jaune tout aussi justifié à Fofana pour avoir crocheté Adli (28e) et un troisième pour Khazri, sanctionné pour avoir un peu trop laissé traîner la godasse à plusieurs reprises (32e). Comme ce n'était pas le jour des Bordelais, Koscielny, blessé à la cheville (dans un coup reçu que la télé ne révéla pas, le recours au VAR ayant d'ailleurs été étrangement absent de toute cette rencontre quand près d'une demi-douzaine d'actions litigieuses l'auraient justifié) dut finalement quitter la pelouse la mort dans l'âme (24e) remplacé par un Jovanovic qui se mit immédiatement au diapason de ses coéquipiers, avec notamment une talonnade bien sentie devant Khazri. Adli réveillait la relative torpeur de ses partenaires par une frappe lourde que Ruffier claquait en corner (30e), puis un centre de Kamano de la droite, mal renvoyé dans l'axe par Fofana, voyait encore le jeune bordelais reprendre instantanément aux 16 mètres mais Ruffier tel un félin, bloquait sur sa ligne, en deux temps (33e). Le premier acte s'achevait sur la première grosse erreur de M.Buquet qui n'infligeait pas à Perrin le second carton jaune, synonyme de rouge, qui coulait pourtant de source pour une énième faute stéphanoise au milieu du terrain sur Kamano (41e). Soucieux de préserver son capitaine en vue notamment de l'Europa League et du prochain match contre Amiens, Claude Puel ne s'y trompait d'ailleurs pas et le remplaçait à la mi-temps par Kolodziejczak. Dopé par l'entrée de Hwang, Bordeaux appuyait un peu plus ses actions et Briand, lancé par Adli, était sans doute retenu par Fofana en position de dernier défenseur (54e) mais M.Buquet manifestait la même cécité à l'endroit du stéphanois, lui aussi averti, que 15 minutes plus tôt pour Perrin...Pire : lancé par Briand, le sud-Coréen était taclé dans la surface par Saliba et s'écroulait (56e), sans que là non plus, le référé ou ses assesseurs vidéo MM.Bastien et Lavis ne jugent utile de recourir à la technologie...Bordeaux insistait toujours par Hwang, qui dans une position similaire à celle de son but à Toulouse, faisait briller Ruffier d'une frappe sèche de 20 mètres puis, sur le corner qui suivait, Pablo, au premier poteau, ratait de peu le cadre d'une tête plongeante, sur le centre de Mexer (66e). La liste des doléances continuait de s'allonger quand le juge assistant levait - tardivement - son drapeau pour un hors-jeu possible de Briand - mais avait-il ou non influencé l'action ? - et une frappe au ras du poteau enfin victorieuse de Hwang, invalidée par M.Buquet, toujours sans le VAR...Un VAR qui ne fut pas davantage utilisé sur l'ultime action de ce match constellé de fautes (18 stéphanoises contre 7 bordelaises), sans le moindre carton aux Verts de toute la seconde période (on se demande par exemple comment un joueur comme Bouanga, auteur à lui seul de près de dix fautes, réussit le tour de force de ne même pas prendre un avertissement), quand Pablo, le long de la ligne de but, retint lègèrement par l'avant-bras Nordin, entré en jeu peu auparavant, qui amplifia sa chute à la sortie de son crochet. Pour un contact anodin et un cas de figure qui se produit 20 fois par match dans la surface entre attaquants et défenseurs à chaque fois qu'un ballon arrive devant le but, mais qui n'échappa pas à l'impayable sagacité de M.Buquet, la pire des punitions s'abattait donc sur les Bordelais, trop peu réalistes et battus à la faveur d'un scenario injuste certes, mais mille fois vécu par tous, Bouanga transformant en force ce penalty (0-1, 90e +2), le premier sifflé contre les Girondins cette saison... C'en était trop pour les locaux, qui héritaient d'une ultime occasion par Maja, dans une position sans angle, qui butait sur Ruffier (90e +3). Les Girondins ne montent donc pas sur le podium de la Ligue 1 alors que les résultats du jour leur en offraient l'occasion rêvée. Un accroc qu'il leur faudra rattraper le plus vite possible, comme ils avaient su le faire à Toulouse après leur défaite face au PSG. L'ASSE, elle, peut aller remercier la Providence à la cathédrale St Charles-Borromée de St Etienne. Cette fois, les poteaux n'étaient pas carrés, comme à Glasgow, et la baraka était bien là. N'empêche que pour ce second week-end dédié aux journées de l'arbitrage, on aurait tellement préféré ne pas déplorer cette enième faute de goût...Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre aux côtés de Michel Le Blayo, écoutez les réactions des deux entraîneurs Claude PUEL (ASSE) puis Paulo SOUSA (FCGB), les joueurs coté stéphanois : Whahbi KHAZRI, attaquant et ex-bordelais, Denis BOUANGA, milieu de terrain et auteur du penalty à la 92e, Ryad BOUDEBOUZ, milieu de terrain, William SALIBA, jeune défenseur central de l'ASSE, et côté bordelais : Benoît COSTIL, capitaine et gardien de but, Youssef AÏT-BENNASSER, milieu de terrain, PABLO, défenseur central, "fautif" sur le penalty.

Réaction de Claude PUEL

Réaction de Paulo SOUSA

Réaction de Wahbi KHAZRI

Réaction de Denis BOUANGA

Réaction de Ryad BOUDEBOUZ

Réaction de William SALIBA

Réaction de Benoit COSTIL

Réaction de Youssef AIT-BENNASSER

Réaction de PABLO

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