Football (Ligue 1, 33e journée) : Avant Bordeaux / Monaco : Nouveau pacte ou nouvel impact ?


16 avril 2021

Plus question de se lamenter sur un passé récent trop douloureux pour les Girondins. La semaine écoulée a permis de mettre beaucoup de choses à plat et de crever certains abcès, et l'heure est à positiver afin de maintenir en Ligue 1 un club qui fête cette année ses 140 ans. C'est en tout cas ce qu'affirment Benoît Costil, pour la première fois de la saison venu en conférence de presse, et le coach Jean-Louis Gasset, qui dit avoir fait un pacte avec les joueurs sur les 6 matches qui restent, avec pour mission commando de redresser la barre à tout prix. Seul problème, l'adversaire de ce dimanche se nomme Monaco, meilleure équipe française de la phase Retour (1 seule défaite en 20 matches, aucun but encaissé depuis 6 rencontres) qui avait ridiculisé les Girondins à l'aller (4-0 dont 3 buts en 4 minutes) le 1er novembre. La fierté des Marine et Blanc, revanchards après cette gifle et jamais ridicules deux fois de suite face aux ténors du championnat jusqu'ici, suffira-t-elle pour éviter le carnage que beaucoup redoutent ? On veut encore le croire, tant cette équipe aime les paradoxes et s'est déjà montrée capable cette saison de passer du très bas au très haut...C'est le moment ou jamais, pour cette dernière grosse affiche de la saison au Matmut.

Monaco sur cette phase Retour, c'est un peu comme le Canada Dry qui avait la couleur de l'alcool, mais qui n'était pas de l'alcool. Même si c'est aussi un match "à part" ou "entre parenthèses", comme se plaisent à le dire bon nombre de coaches en France quand leur équipe est appelée à se mesurer à l'actuel demi-finaliste de la Champions League, ça a la couleur et le parfum du Paris St Germain, voire de Lille, mais ce n'est pas le Paris St Germain, ni Lille. Que nenni. C'est encore plus fort, si l'on prend les chiffres du moment : qu'il s'agisse de la plus longue série de matches sans défaite (1 seule, à Strasbourg, sur les 20 derniers matches, Coupe de France incluse), du nombre de points pris sur la phase Retour (32 en 13 journées) ou de l'invincibilité défensive en cours (6 matches). La puissance de feu de cette équipe, dans laquelle le danger peut venir de n'importe qui, même si Ben Yedder et Volland sont sans doute en train de réaliser la meilleure saison de leur carrière, et la dynamique dans laquelle elle s'est installée au soir d'une défaite fédératrice à...Lyon le 25 octobre qui a eu le don - de l'aveu même de son entraîneur Niko Kovac - de provoquer un déclic positif (exactement le contraire de celle que les Girondins concédèrent sur cette même pelouse rhodanienne le 29 janvier) laissent en théorie peu de doute sur l'issue de l'affrontement de ce dimanche au Matmut Atlantique. Sur le papier, il ne devrait pas y avoir photo face à des Girondins en perdition qui tournent actuellement à une moyenne de 2,18 buts encaissés par rencontre, et n'ont battu que la lanterne rouge depuis fin janvier. Le naufrage de l'aller début novembre, premier gros coup d'air de la saison même si les Girondins avaient aussi baissé pavillon auparavant à Marseille et à Lens, marquait le début du redressement des monégasques, qui enchaînèrent par un premier coup d'accélérateur assorti de 4 succès consécutifs dont un, renversant, face au PSG. Faux départ, en apparence, puisque l'ASM rechuta sur trois matches capitaux face à des adversaires directs (Lille, Marseille, Lens) qui laissèrent alors penser qu'elle ne ferait que de la figuration cette année. Erreur, car le deuxième départ fut le bon, avec un succès laborieux à Dijon qui marquait le début d'une remontée spectaculaire au classement, qui fait aujourd'hui des joueurs de la Principauté de légitimes prétendants pour le titre de champion de France....voire la Coupe, puisqu'ils sont toujours en course et qualifiés pour un quart explosif la semaine prochaine contre...l'OL.

Ne plus jeter le manche après la cognée

Mais les Girondins, qui ont profité d'une semaine "importante" pour "mettre les choses à plat" (dixit Gasset) après la débâcle stéphanoise, ont décidé de positiver et de regarder l'avenir avec optimisme. Ce n'est pas de la méthode Coué, mais une vraie volonté de tous de ne pas céder à la sinistrose et de "laisser le club où il doit être, en Ligue 1", rappelle le coach languedocien. Benoît Costil, sorti de son mutisme pour la première fois de la saison et venu rencontrer les médias, ne tient pas un autre discours, rappelant à bon escient que "la vie n'est pas si triste", que l'équipe "est encore maître de son destin", et que Bordeaux "restera en Ligue 1". Un discours qui se veut rassurant et dont on espère qu'il sera, cette fois-ci, en adéquation avec les actes et les attitudes ce dimanche, sur chaque phase de jeu où la moindre négligence, la moindre retenue dans l'effort se paieront cash face à un adversaire au réalisme chirurgical. Même si céder devant Monaco sera(it) sans doute plus compréhensible et moins condamnable - à la condition que les Girondins se donnent vraiment sans retenue avec leurs moyens du moment, comme ils surent le faire contre le PSG début mars - que de capituler comme ils le firent dans le Forez, à Nîmes ou à Brest. Peut-être (mais rien n'est moins sûr) l'écart avec le 18e s'amenuisera-t-il encore, si Nîmes bat Strasbourg et que Lorient ne rentre pas bredouille de son nouveau déplacement chez un OM affaibli par les absences. Mais il restera encore aux Girondins 5 "finales" à disputer, pour empocher au moins la victoire nécessaire, si tant est qu'une seule suffise à leur bonheur, ce qui n'est pas l'avis de Claude Puel le coach de l'ASSE, par exemple, qui a pourtant déjà 39 points, lui. Le pacte implicitement signé par le staff girondin avec ses joueurs trouvera-t-il un heureux prolongement ce dimanche, ou le FCGB sera-t-il au contraire exposé à un nouvel impact qui ne ferait que le fragiliser encore plus ? La réactivité de l'équipe dans l'adversité sera l'une des clés du match, et l'on attend d'elle qu'elle cesse de baisser les bras au moindre grain de sable, au moindre coup du sort, même si elle est menée au score. C'était le cas à la mi-temps de ses deux dernières sorties contre Strasbourg et St Etienne, mais pas distancée pour autant, avec un seul but de retard. A Montpellier, elle tenait le nul à l'heure des citrons, et menait même au score contre Metz... Mais c'est l'inconsistance de ses secondes périodes qui l'a finalement privée de points précieux à sa portée. Le temps est venu de livrer enfin une prestation uniforme sur un match complet, ce qui ne lui est plus arrivé depuis son match-référence remporté à Nice (3-0) le 17 janvier.

Ecoutez les réactions d'avant-match au micro de Christophe Monzie.

Rendez-vous ce dimanche 18 Avril dans l'émission Top Chrono à partir de 16h20 avec des invités d'avant-match, puis le coup d'envoi à 17h05. Commentaires de Christophe Monzie et Michel Le Blayo.

Match à suivre sur toutes nos fréquences en direct intégral du Matmut Atlantique de Bordeaux-Lac, sur notre site internet www.arlfm.com et sur l'appli ARL de votre téléphone !

  

Réaction de Jean-Louis GASSET, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux.

   

Réaction de Benoît COSTIL, le gardien de but du FC Girondins de Bordeaux.

  

Réaction d'Aurélien TCHOUAMENI, le milieu de terrain de l'AS Monaco.

  

Réaction de Niko KOVAC, l'entraîneur de l'AS Monaco.