
22 mai 2021
[Par Christophe Monzie, à Reims, photo Dorian Malvesin]
Les vacances ne sont pas encore tout à fait là pour les joueurs du FCGB, qui auront tout intérêt à ne pas imiter Brest et se croire déjà sauvés avant ce déplacement en Champagne pour la clôture d'un exercice 2020-2021 qui ne restera pas dans les annales, ou alors bien tristement...Même si le scenario catastrophe paraît hautement improbable (lourde défaite jumelée à un nul entre Strasbourg et Lorient, un succès de Nantes contre Montpellier et une non-victoire du PSG à Brest), on a vécu tant de choses invraisemblables cette saison qu'il vaut mieux ne pas vendre la peau de l'ours. Surtout à la lumière des râclées collectionnées sur cette phase Retour et dans un stade maudit où Bordeaux n'a plus gagné en match officiel depuis...décembre 1962. Si les Girondins veulent réhausser cette saison galère par un fait d'armes dont on se souviendra, voilà l'occasion rêvée de le faire et d'en finir avec un syndrome qui touche aux frontières du paranormal. Et ce sera sans Ben Arfa ni Kalu (pas rétablis), Mexer ni Baysse (blessés), mais avec Laurent Koscielny, de retour dans le groupe 5 semaines après sa fissure au tendon d'Achille face à Monaco, même si l'intéressé (sous contrat encore pour un an) s'interroge sur la suite à donner à son aventure bordelaise...
Il leur reste donc un dernier effort à accomplir en Champagne. Sans nécessairement avoir à le sabrer, même en cas de bon résultat, car les circonstances ne s'y prêtent plus vraiment. Le rideau va tomber ce dimanche pour les Girondins, en espérant qu'il n'y ait pas d'heures supplémentaires à effectuer sur deux matches-couperet face à Toulouse, assuré depuis vendredi de jouer ce barrage d'accession (victoire 3-0 contre Grenoble au Stadium) pour un groupe qui termine au bout du rouleau, à tous les niveaux, tant psychologique que sportif.
Au tour de Baysse
Car au marasme ambiant que les succès capitaux contre Rennes puis Lens ont rendu pour un temps un peu plus supportable s'ajoutent désormais les blessures en cascade de joueurs importants. En début de semaine, c'est Paul Baysse qui a rejoint à son tour l'infirmerie, comme Mexer, Kalu et Ben Arfa deux semaines plus tôt. Victime face à Lens d'une rupture du ligament antérieur du genou gauche, le défenseur bordelais sera éloigné des terrains plusieurs semaines, voire quelques mois, même si l'opération ne sera peut-être pas nécessaire. C'est la deuxième grosse blessure de la saison dans l'effectif bordelais, après celle d'Otavio le 20 janvier. Sans compter celles, rémanentes, de Ben Arfa depuis la trêve hivernale qui a fini par le rendre transparent sur la phase Retour, et de Kalu, quasiment depuis le début de la saison, qui aura participé à 20 rencontres (une demi-saison) dont 14 seulement comme titulaire. Mexer, quant à lui, qui a beaucoup moins joué pourtant, s'est blessé à Nantes (adducteurs) et a lui aussi terminé la saison prématurément. De quoi mesurer une nouvelle fois aujourd'hui, s'il en était encore besoin, combien fut judicieuse la vente de Pablo au Lokomotiv Moscou le 15 janvier... Rappelons simplement que depuis son départ, hormis à Nice deux jours plus tard (3-0) où le Brésilien aurait été de toute façon suspendu, Bordeaux n'a jamais terminé le moindre match à l'extérieur en préservant sa cage inviolée (soit 8 déplacements) et encaissé sur la même période 36 buts en 18 matches Coupe incluse, soit 2 par rencontre, les deux derniers clean-sheets au Matmut ayant heureusement fait baisser une moyenne devenue alarmante sur chaque déplacement.
Avec les moyens du bord
C'est donc en raclant les fonds de tiroir ou presque que Jean-Louis Gasset va s'efforcer de bâtir une défense qui tienne le coup à Auguste Delaune, face à une attaque champenoise certes loin de faire la loi sur sa pelouse (15 buts marqués contre... 26 hors de ses bases, ce qui en fait la plus faible attaque de L1 à domicile après Dijon). Le retour du capitaine Laurent Koscielny, qui a mis les bouchées doubles depuis sa fissure au tendon contractée face à Monaco le 18 avril, ne sera pas de trop, même si le technicien languedocien, dont on ne sait toujours pas si ce sera le dernier match ou pas en Marine et Blanc, a préféré appeler dans le groupe le jeune Bokele Mputu (21 ans) arrivé libre de Metz l'été dernier plutôt que Vukasin Jovanovic, qui n'aura donc disputé qu'un seul match cette saison en équipe fanion, contre Toulouse en Coupe de France le 10 février (0-2). Pour ne pas avoir à se soucier de ce qui se passera ailleurs dans les matches opposant leurs concurrents dans la lutte pour le maintien, les Girondins, qui ont certes fait 90% du travail en terrassant Lens (3-0), ne devront pas perdre en Champagne, un partage des points arrangeant aussi les locaux. Une victoire pourrait même les hisser à la 12e place, aussi incroyable que cela puisse paraître, si Lille décroche son titre de champion de France en s'imposant à Angers.
Ne pas défendre à hue et à Dia...
Mais pour gagner à Reims autrement que sur un simple match de préparation de début de saison comme ils l'avaient fait brillamment le 8 août dernier (4-0) pour le dernier match de Sousa, il faudra que les Girondins aillent brûler un cierge à la célèbre cathédrale toute proche, où Jeanne D'Arc fit sacrer Charles VII, Roi de France, en 1429. Et qu'ils implorent leurs glorieux aînés - on aurait presque envie de dire, pour la circonstance, leurs glorieux aïeux - puisque la dernière victoire girondine dans la Marne est à peine moins ancienne : les pères des joueurs bordelais étaient en effet tout juste nés quand la génération précédente porta haut le flambeau girondin à Auguste Delaune ce 16 décembre 1962, pour la dernière victoire bordelaise de l'histoire (3-1) des Girondins de Salvador Artigas, alors en 2e Division. Ce serait le premier bon résultat à l'extérieur des Marine et Blanc depuis leur victoire le 14 mars à Dijon (3-1). Lesquels devront avant tout surveiller Boulaye Dia, le seul vrai danger de cette équipe (14 buts), qui brille régulièrement face à eux, que ce soit lors d'un match aller où Bordeaux n'avait pas mis un pied devant l'autre juste avant la trêve de Noël (1-3) ou la saison passée au match aller (le retour à Bordeaux prévu le 5 avril 2020 n'eut jamais lieu pour cause de Covid) le 30 novembre 2019 où Bordeaux, menant au score pendant plus de 65 minutes après une talonnade géniale de Maja (27e), trouva le moyen, en supériorité numérique après l'expulsion de Romao, de se faire remonter à la 93e minute par un but de voleur de l'international sénégalais. Cette fois, on l'a compris, il s'agira pour eux de ne pas défendre à hue et à...dia, mais de façon coordonnée, avec une tout autre rigueur qu'au cours de leurs 3 derniers déplacements "fracassants". Le coach rémois David Guion, qui va tirer sa révérence après neuf ans passés en Champagne (il est arrivé en 2012) et s'est fendu d'une lettre émouvante aux supporters du club, sera également privé de son milieu de terrain Mathieu Cafaro (blessé)et de son défenseur et capitaine titulaire Yunis Abdelhamid (également buteur à l'aller le 23 décembre), suspendu, tout comme Marshall Munetsi, et il a fait appel lui aussi à un "minot" intégré dans le groupe, le jeune Moustapha Mbow. Enfin, dans le dernier cas de figure - également le moins souhaitable - d'une défaite, il ne faudra pas s'incliner par 3 buts d'écart ou plus, sous peine de risquer de se retrouver barragiste par un concours de circonstances qu'on préfère ne même pas envisager...
Ecoutez au micro de Dorian Malvesin les réactions bordelaises d'avant-match.
Réaction de Laurent KOSCIELNY, défenseur central et capitaine du FC Girondins de Bordeaux.
Réaction de Jean-Louis GASSET, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux.
Ecoutez au micro de Christophe Monzie les réactions d'avant-match côté Stade de Reims.
Réaction de Xavier CHAVALERIN, milieu de terrain du Stade de Reims.
Réaction de David GUION, l'entraîneur du Stade de Reims.
Rendez-vous ce dimanche 23 Mai 2021 dans l'émission Top Chrono à partir de 20h10. Le mag d'avant-match avec des invités bordelais et rémois, puis le coup d'envoi à 21h. Commentaires de Christophe Monzie et Frédéric Roux, ancien gardien de but du FCGB.
Match à suivre sur toutes nos fréquences, en direct intégral du stade Auguste Delaune à Reims, sur notre site internet www.arlfm.com et sur l'appli ARL (à télécharger) de votre téléphone !