
13 avril 2022
L'affiche de campagne officielle du président sortant a été détournée sur l'un des panneaux électoraux à Langon. L'auteur des faits risque plusieurs euros d'amende.
C'est un détournement qui fait froid dans le dos qu'ont pu voir certains passants des quais à Langon. Alors que deux des douze panneaux électoraux étaient occupés par des affiches officielles de campagne, celle d'Emmanuel Macron a été fortement dégradée. Aux côtés de celles de Nathalie Artaud et Valérie Pécresse (les autres candidats n'ayant pas été affichés ici), le chef de l’État, qui est arrivé en tête du premier tour de la Présidentielle aussi bien à Langon qu'au niveau national, apparaît avec une croix gammée au milieu du front. L'auteur des faits ne s'est pas arrêté là et a grimé en Adolf Hitler le président-candidat en lui dessinant une moustache en brosse à dent et une mèche de cheveux comme celle du Führer.
S'il sera difficile de découvrir qui est la personne à l'origine de ce détournement de très mauvais goût, elle pourrait, dans un premier temps, être condamnée à une amende de 450€ voire même de 750€ si le délit a été commis par un fonctionnaire ou un agent de l'autorité publique. L'article 17 de la loi sur la Liberté de la presse du 29 juillet 1881 le stipule.
« Ceux qui auront enlevé, déchiré, recouvert ou altéré par un procédé quelconque, de manière à les travestir ou à les rendre illisibles, les affiches apposées par ordre de l'Administration dans les emplacements à ce réservés, seront punis de l'amende prévue pour les contraventions de la 3° classe.
Si le fait a été commis par un fonctionnaire ou un agent de l'autorité publique, la peine sera de l'amende prévue pour les contraventions de la 4° classe.
Seront punis de l'amende prévue pour les contraventions de la 3° classe ceux qui auront enlevé, déchiré, recouvert ou altéré par un procédé quelconque, de manière à les travestir ou à les rendre illisibles, des affiches électorales émanant de simples particuliers, apposées ailleurs que sur les propriétés de ceux qui auront commis cette lacération ou altération.
La peine sera de l'amende prévue pour les contraventions de la 4° classe, si le fait a été commis par un fonctionnaire ou agent de l'autorité publique, à moins que les affiches n'aient été apposées dans les emplacements réservés par l'article 15. »
La pratique est loin d'être une première et lors de précédentes élections, plusieurs autres panneaux ont été tagués de la sorte en France. « Le non-respect de l’affichage officiel des candidats est malheureusement courant désormais mais j’ai l’impression que cela s’amplifie, commente Dominique Scaravetti, l'animateur du comité En Marche Sud Gironde. Quant à ce détournement là, je le trouve totalement déplacé, quel que soit le candidat ».
Emmanuel Macron avait déjà été transformé en Adolf Hitler l'été dernier par un afficheur du Var protestant contre l'obligation vaccinale. L'homme avait été condamné à une amende de 10 00 € pour “injure publique” après une plainte du président de la République. Une injure publique peut être sanctionnée jusqu'à 12 000 € quand une amende pour diffamation publique peut aller jusqu'à 45 000 euros. « Que ceux qui ont estimé vivre dans une "dictature" en France au moment de la crise covid, regardent un peu comment les choses se sont passées (ou se passent) dans d’autres pays » clame Dominique Scaravetti.
[Jérôme Martin-Castéra – photo : J.M.C. ]