
25 avril 2021
[Par Christophe Monzie, à Lorient]
Le dire, c'est bien, mais le vert, c'est mieux. Enfin...c'est ce qu'on croyait. Après l'empathie pour leur cause venue de toute la Gironde et même d'autres clubs français, le soutien des anciens Girondins lors des derniers jours, et une mise au vert qui se voulait régénérante, on espérait sinon un résultat immédiat, du moins une réaction d'orgueil des Girondins dans le Morbihan. Mais on a assisté à un nouveau carnage, enduré sans sourciller par une équipe visiblement broyée de l'intérieur. Les Merlus qui, comme St Etienne il y a 2 semaines, n'avaient jamais marqué 4 buts cette saison dans leur antre, s'en sont donné à coeur-joie, pliant l'affaire en 19 minutes avec leurs feux-follets Wissa et Moffi, le Nigérian signant un hat-trick sur des buts à une passe, au coeur d'une défense aussi consistante qu'un pain de beurre au sel de Guérande, avant de s'offrir une récréation en seconde période aux allures de match amical. C'était bien le stade du Mouroir (ou du Mouchoir, peut-être, pour celébrer des adieux qu'on redoute) pour des Girondins qui roulent vers l'Enfer...à tombeau ouvert, si l'on ose dire. Alors que malgré tout, les repreneurs continuent de s'activer en coulisses...mais pour reprendre quel héritage ?
On attendait une révolte et une prise de conscience, on aura assisté à un jeu de massacre où Lorient aura gagné à tous les coups. Les seuls joueurs qu'il fallait surveiller comme le lait sur le feu, Moffi le meilleur buteur et Wissa le meilleur passeur des Merlus, se seront promenés toute la rencontre au milieu d'une défense girondine en perdition qui semblait chaussée de semelles de plomb. Devant la liquéfaction de cette équipe, et en particulier de son milieu de terrain où Yacine Adli reste le seul aujourd'hui dans la tourmente à jouer à peu près sur sa valeur et donner le maximum, on en souhaiterait presque que Jaroslav Plasil reprenne du service...et qu'il ne reste pas autant de matches à jouer pour une équipe devenue une machine à perdre, qui n'a manifestement plus la moindre goutte de carburant dans son réservoir. Sauf que sauver sa tête en L1 avec 36 points serait une première et qu'il reste encore 4 longues journées, 4 dramatiques étouffantes à jouer. Une durée suffisante pour permettre aux poursuivants, qui n'avancent pourtant pas très vite mais démontrent sur le terrain qu'ils ne veulent pas mourir, de rejoindre voire dépasser Bordeaux au classement, qui semble ne pouvoir espérer, dans le moins mauvais des cas, qu'une place de barragiste, sur ce qu'il montre en ce moment. Place qu'il pourrait alors défendre contre...son vieux rival de la Garonne, le Toulouse FC, descendu l'a passé. Une perspective tragique, presque cornélienne, tant les amoureux des deux clubs de la Garonne auraient souhaité les retrouver ensemble au plus haut niveau.
En état de mort clinique
Même la présence de Lilian Laslandes sur le banc aux côtés de son ami Alain Roche, même la venue de Yoann Gourcuff à Ploemeur ce vendredi, même le rassemblement pacifique des supporters ce samedi place Pey-Berland, même la volonté de monter (ou remonter, pour certains) au créneau annoncée par plusieurs repreneurs potentiels dès jeudi soir, même la mise au vert loin de ces ondes négatives que Gasset voulait fuir, n'auront donc pas provoqué chez les joueurs l'électrochoc que l'on espérait, dans un match pourtant capital. Mais à bien y réfléchir, quel genre d'électrochoc aurait-on bien pu appliquer avec succès à un groupe en état de mort clinique depuis déjà des semaines ? Presque intraitables à domicile sur la phase retour (5 victoires en 7 réceptions avant le match de ce dimanche), les Morbihannais, sans forcer leur talent davantage que les Monégasques il y a une semaine au Matmut, ont décroché leur 8e succès au Moustoir, à la fête comme jamais cette année avec 4 buts à la clé. Et encore les Girondins peuvent-ils s'estimer heureux, car la note aurait-pu être plus lourde, sans deux ou trois arrêts de Costil ou le poteau droit qui vint à sa rescousse sur ce lob de 30 mètres de Grbic (88e). Même nos confrères bretons, incrédules devant ce match qui prit en seconde période des allures de rencontre d'avant-saison où les consignes tactiques élémentaires n'étaient plus qu'en option, n'en croyaient pas leurs yeux et ont compati à notre peine. Disons-le tout net, aujourd'hui Bordeaux ne peut battre personne en Ligue 1, ni même ne pas perdre contre quiconque, et encore moins endiguer une hémorragie défensive sans précédent, avec 31 buts concédés au cours des 14 derniers matches (soit 2,21 par rencontre mais 3,40 sur les 5 derniers matches depuis la victoire à Dijon le 14 mars), et une 12e défaite sur la même période en 14 matches officiels. Des chiffres vertigineux qui constituent probablement un record, tous championnats européens confondus. Et la façon dont ils les ont concédés ne laisse hélas planer aucun doute sur le niveau d'implication de la plupart d'entre eux dans le combat vital qui devrait être le leur au moment où l'on parle. Sans doute King Street a-t-il fauté le premier ce jeudi, en laissant derrière lui un champ de ruines du jour au lendemain avec le cynisme que l'on sait. Mais à Lorient, c'est sur le terrain cette fois que ceux censés porter l'avenir immédiat du FCGB et dont on attendait un signe fort ont gravement failli. Un manquement qui confine à la faute professionnelle, une faute que ceux qui veulent vraiment sauver leur club de coeur auront sans doute du mal à digérer, bien que l'heure soit aujourd'hui davantage au pardon qu'à l'anathème (mais en sont-ils bien conscients ?). Si à St Etienne, l'arbitrage et les faits de jeu à des instants-clés du match avaient certes précipité leur effondrement, les Girondins ne pourront cette fois-ci même pas se retrancher derrière cet argument, ayant offert eux-mêmes les 4 buts à leurs hôtes par des erreurs qu'il devrait être interdit de voir en Ligue 1. D'un autre côté, ce manque d'implication tellement flagrant qu'il en est palpable peut aussi se concevoir par la considération qui était portée aux joueurs par un propriétaire qui se contrefichait du sportif, on l'a bien vu au mercato l'été dernier puis cet hiver, où son souci de renforcer l'équipe, malgré les demandes ciblées du coach, était le cadet de ses soucis. Roche avait pour mission de jouer les magiciens et de transformer le plomb en or en recrutant pour l'euro symbolique. Le versement des salaires est une condition nécessaire, mais pas suffisante pour témoigner aux employés d'une entreprise cette considération, ou plus simplement, ce respect élementaire. Honorer les contrats quels que soient leurs termes, quand on veut investir dans le football avec un minimum de sérieux, c'est la règle du jeu. Courir le risque de ne pas récupérer sa mise dans l'économie actuelle du foot français en est une autre, hélas, il faut cesser de croire aux étoiles...A ce titre, le fatalisme de Benoît Costil après cet après-midi de cauchemar en disait long : "King Street est parti parce qu'ils en avaient plein le cul (sic). Moi je ne connais pas ces gens, je ne les ai jamais vus, ne leur ai jamais parlé", a fini par lâcher celui qui fut tout de même capitaine de l'équipe deux saisons durant. Aucune rencontre avec le groupe pro des patrons du club en deux ans et demi de gouvernance... Connaissez-vous beaucoup de salariés qui seraient prêts à tout donner pour sauver une entreprise dans le dur mais dont le boss vient de filer à l'anglaise au profit d'une autre crèmerie et qu'ils seraient incapables de reconnaître dans la rue ?
C'était Lorient Express
Pour revenir au terrain, dès les premiers instants, l'on fut fixé sur la nature du Bordeaux que l'on allait voir à l'oeuvre. Dix minutes ne s'étaient pas écoulées que deux fois déjà, Baysse avait dû parer au plus pressé sur deux centres puissants de Le Goff venus de la gauche, le premier à la suite du premier corner de l'après-midi pour les locaux (3e), le second sur le prolongement d'une action déclenchée par Lemoine et d'un ballon destiné à Moffi (9e). Le défenseur bordelais, qui fut sans doute le seul girondin à surnager avec Yacine Adli, devait même se multiplier pour écoper les voies d'eau et commettre deux fautes à l'entrée de la surface, la seconde étant sanctionnée d'un jaune après une intervention grossière sur Wissa qui amenait un coup-franc dans l'axe à 20 mètres. Mais la frappe travaillée du jeune Le Fée filait de peu à gauche du poteau de Costil, scotché sur l'action (12e). Ce n'était hélas que partie remise à la vague lorientaise suivante, puisque Bordeaux ne tenait pas un ballon dans l'entrejeu et n'alignait pas plus de 6 ou 7 passes consécutives sans commettre un mauvais contrôle, une mauvaise passe ou mettre le ballon en touche. Pas attaqué, Laurent Abergel (dont on connaît pourtant la qualité de frappe, qui lui avait notament permis d'inscrire l'unique but de la victoire contre Reims le 6 février au Moustoir) frappait à ras de terre et obligeait Costil à dévier en corner. Sur celui-ci, tiré de la gauche par Enzo Le Fée, Wissa surgissait au premier poteau pour prendre le dessus sur Hwang et deux autres bordelais, pour fusiller Costil d'une tête piquée (1-0, 17e). Le 18e but encaissé sur coup de pied arrêté, et le 4e sur corner sur les 4 derniers matches...A peine le temps de réengager et Bordeaux commettait une nouvelle bourde au milieu du terrain en jouant mal un coup-franc en sa faveur. Le Fée récupérait et lançait immédiatement Wissa dans la profondeur, qui semait Mexer comme à l'entraînement avant de servir Moffi qui exécutait Costil de près (19e). On se serait cru dans un stand de tir à la fête foraine où l'on gagne à tous les coups et le match était déjà terminé. Wissa continuait sa promenade de santé dans la défense girondine (24e, 32e) et il fallait attendre la 35e minute pour voir la première incursion girondine dans la surface, quand Hwang tentait de lober Hergault mais sa frappe sans angle n'inquiétait pas la défense locale. Sur une énième montée côté gauche, où il n'était jamais suivi par les milieux de terrain bordelais, Le Goff enroulait un centre fuyant au second poteau où Moffi surgissait de la tête, mais Costil d'un bras ferme bouchait l'angle et déviait en corner, maintenant son équipe encore en vie (37e). Pas pour longtemps : après que Zerkane d'une tête décroisée, sur un ballon d'Adli, eut fait briller Nardi qui captait sa tentative au prix d'un plongeon plus spectaculaire que décisif (39e), Basic perdait un ballon facile à la médiane sans rien faire pour le récupérer. Lemoine lançait Moffi parti comme une fusée plein axe, au milieu de la défense centrale girondine, Costil sortait à contretemps et se laissait embarquer par le dribble victorieux du Nigérian, encore sur un but à une passe, démontrant si besoin est que le football peut parfois être un jeu simple lorsqu'il est précis (3-0, 43e).
Moffi régale encore
Aux citrons, il va sans dire que la cause était déjà entendue et qu'il ne restait plus aux Lorientais qu'à gérer sérieusement leur confortable pécule pour revenir au classement sur les talons de leur victime du jour. Compte tenu du fiasco du premier acte, Gasset ne tardait pas à procéder à 3 changements, Seri et Oudin, transparents jusque là, laissant leur place au revenant Kalu et à Ben Arfa, tandis que Zerkane, parfois combatif mais trop irrégulier, était remplacé par le jeune Sekou Mara (53e). Comme souvent ces derniers temps, le coaching n'amenait rien de mieux et c'est au contraire Lorient, pourtant moins incisif qu'en première période, qui était à deux doigts d'alourdir la note : Wissa était alerté par une passe en profondeur de Chalobah, un joueur déjà très en vue en début de match. Mais sa talonnade parfaite dans la surface n'était pas exploitée par Moffi, coupable de n'y avoir pas cru et d'avoir arrêté sa course (61e). Puis sur une action côté gauche et des passes croisées mystifiant toute la défense des Marine et Blanc, Lemoine héritait d'un caviar de le Fée mais ouvrait trop son pied droit au moment d'ajuster Costil sans opposition et manquait de peu le cadre (63e). Après une frappe tendue du droit mais non cadrée de Basic (67e), Mara héritait de l'une des deux seules vraies occasions girondines mais il manquait son face-à-face avec le gardien Nardi, qui sortait le ballon du pied (73e). Un bon retour de Benito privait ensuite Monconduit d'un rush solitaire vers le but de Costil (76e), mais comme il était dit qu'une fois de plus, rien ne serait épargné aux Girondins, M.Pignard, qui les arbitrait pour la première fois cette année, oubliait une main de Lemoine dans la surface sur un ballon repris par Adli, sans même daigner recourir au VAR. Celle-ci semblait certes involontaire...tout autant que celle de Briand à St Etienne, pourtant sanctionnée d'un penalty, elle. Sur le contre, Bordeaux restait spectateur, à l'image de Mexer et Baysse réunis, et reculait face à Moffi qui avait tout le loisir de préparer et d'enrouler sa frappe sur la droite de Costil, signant (comme Khazri deux semaines plus tôt) le hat-trick et du même coup son 14e but de la saison (4-0, 79e). Une passivité qui provoquait la colère du coach adjoint Ghislain Printant, expulsé de son banc de touche par M.Pignard. L'indigence girondine faisait peine à voir et même si le jeune Issouf Sissokho, moins d'une minute après son entrée en jeu à la place de Sabaly, voyait sa frappe sèche du droit détournée avant de finir dans le filet de Nardi qui avait repoussé un coup-franc bien enroulé d'Adli (4-1, 82e), Bordeaux était encore tout près de rééditer le naufrage de 2011 sous l'ère Jean Tigana (5-1 le 19 février 2011) quand Grbic trouvait le poteau gauche, puis quand l'Autrichien manquait du bout du soulier de reprendre au second poteau un centre à ras de terre de Laurienté (90e + 2). Ne restait plus alors à des Girondins titubant qu'à retrouver le chemin menant aux vestiaires, nettement moins long que celui qui risque de les mener au cataclysme - sportif, celui-là, après avoir eu droit à l'industriel - dans moins d'un mois désormais. Même si Nîmes, encore en supériorité numérique plus d'une heure mais battu à Lens (2-1) a sans doute grillé son dernier joker pour le maintien, la victoire de Nantes à Strasbourg (2-1) a rebattu les cartes et propulse les Canaris à la place de barragiste. Le prochain déplacement en Bretagne des Girondins, comme nous le redoutions et l'annoncions depuis 3 semaines au moins, sera donc bien un nouveau quitte ou double qui décidera de la survie en Ligue 1 de l'un des frères ennemis de l'Atlantique, étant entendu que la venue dans une semaine au Matmut de Rennes, qui a dynamité Dijon (5-1), ne semble pas laisser aux Marine et Blanc plus d'espoirs réalistes qu'avant la visite de Monaco. Vu leur niveau actuel, il est à craindre hélas que cet avant-dernier match au Matmut ne compte encore que pour du beurre. Breton, bien entendu.
Et maintenant ?
Ce marasme sportif sans précédent n'empêche pas les candidats potentiels de s'activer en coulisses, même si de nombreux points d'interrogation demeurent. Outre Rigot et Fievet qui se sont déjà positionnés, Gérard Lopez, l'ex-patron du LOSC aujourd'hui argentier du club belge de Mouscron fraîchement relégué en D1B, n'a pas caché son intérêt pour la cause girondine, tout comme François Pinault ce lundi 26 avril. 3e fortune de France, le propriétaire du Stade Rennais depuis 1998 a appelé le monde viticole girondin, qu'il connaît bien pour posséder lui-même un chateau prestigieux dans le Médoc à Pauillac, à voler au chevet du malade d'un seul et même élan. Reste à savoir si une cohabitation entre les plus aisés d'entre eux à la tête d'un club historique et des supporters déjà très impliqués, mais privés de reconnaissance depuis plus de deux ans et plus que jamais désireux de rejouer désormais un rôle actif dans le club, sera un compromis très viable à long terme...Par ailleurs, King Street n'a pas complètement lâché l'affaire puisque la nomination d'un mandataire ad hoc lui permettrait de revenir (cela paraît peu probable, mais le risque existe) et de garder la main s'il trouve de son côté un investisseur plus crédible que ses concurrents, étant entendu qu'on imagine mal une offre recevable - d'où qu'elle vienne - à moins de 60 ou 70 millions d'euros au minimum. De plus, sa volonté d'honorer les salaires jusqu'à la fin de la saison évitera au club le retrait de 15 points (de pénalité) et donc la rétrogradation automatique en L2, comme le prévoit le règlement inflexible de la DNCG. Mais il ne faut pas se bercer d'illusions : quelle que soit l'empathie ambiante pour le malade, Frédéric Abitbol, le mandataire ad hoc nommé ce mardi par le tribunal de Bordeaux n'accordera pas sa préférence au candidat dépositaire du patrimoine historique vieux de 140 ans, de l'ancrage local, quand bien même une figure historique du club se porterait caution de ces valeurs. Il ne retiendra pas ces critères et fera dans le pragmatisme, retenant l'offre la plus élevée sans autre considération. L'une des étapes à laquelle les repreneurs pourraient recourir est celle de la cession des actifs, le sportif comme l'administratif. Un procédé qui éviterait une relégation en L2 pour cette année (si le maintien est acquis sur le terrain) et permettrait au nouvel acquéreur de repartir quasiment avec des comptes à zéro, sans avoir à éponger de passif autre que celui des créanciers publics (URSSAF par exemple) ni risquer une procédure prud'homale après s'être séparé de certains de ses salariés. Sur le plan des joueurs, une révision à la baisse serait évidemment envisagée pour les salaires les plus élevés, et un bon de sortie proposé en cas de refus, avec un transfert à prix bradé dès que possible pour éviter le pourissement de certaines situations comme c'est le cas actuellement, avec des joueurs qui rongent leur frein et perdent l'envie de jouer (on pense à Jovanovic). Etant entendu que la surenchère instaurée par Macia, Sousa et leurs collaborateurs sur certains contrats fera long feu : Benito a par exemple multiplié par 5 le salaire qu'il percevait aux Young Boys de Berne, mais il n'est pas le seul à avoir bénéficié du système, sur lequel des commissions confortables furent également perçues par les "intermédiaires". Mais ce dégraissage pourrait aussi concerner les autres postes du club, comme la sécurité (Bordeaux possède actuellement 3 directeurs quand un seul suffirait sans doute), l'informatique ou le commercial, entre autres. En fonction du profil du futur repreneur et de la politique qu'il insufflera au club, une autre coupe sombre pourrait concerner le mode de recrutement, axé sur le profil du joueur recherché plutôt que sur son nom comme ce fut le cas du temps de Sousa et Poyet, afin d'éviter que trop de joueurs ne signent de gros contrats en venant pour un entraîneur et à sa demande expresse. Car la suite est souvent moins idyllique : si certains de ces contrats courent sur 3 voire 4 ans, le hic réside dans le fait que la durée de vie d'un coach aux Girondins depuis dix ans n'a quasiment jamais dépassé 18 mois, quelles qu'en soient les raisons, que les supporters demandent sa tête (Gourvennec) ou qu'il parte en claquant la porte avant la fin de son contrat (Tigana, Poyet). D'où l'augmentation de joueurs démotivés à long terme, par un projet de jeu ou un nouveau coach dans lequel ils ne se reconnaissent plus. Exemple le plus significatif à l'heure qu'il est : Nicolas De Préville. A contrario, d'autres, comme Paul Baysse, ont eu assez de force de caractère pour attendre de longs mois qu'un autre coach vienne les chercher à la cave. Mais si 7 d'entre eux ont décidé aujourd'hui d'aller jusqu'à la fin de leur contrat sans éprouver l'envie de renouveler le challenge en Gironde, pour l'instant, il faut aussi se poser les bonnes questions : la valse des entraîneurs n'est-elle pas également l'une des raisons du clash d'aujourd'hui ? Quant à Frédéric Longuépée, faut-il penser, s'il manifeste depuis le retrait brutal de KS un intérêt et un empressement pour l'équipe qu'on lui avait rarement vus en deux ans, que c'est pour soigner sa sortie et son CV ? S'il a commis sa B.A. (entendre : Bonne Action) en remettant le sort du club entre les mains du Tribunal de commerce de Bordeaux, cette précaution, compte tenu de son bilan et de son impopularité auprès des supporters notamment, ne suffira sans doute pas à prolonger sa carrière dans le football. Mais ses compétences en marketing pourraient séduire d'autres employeurs dans d'autres domaines, pour autant qu'il n'apparaisse pas comme le président responsable de la première relégation (administrative) des Girondins de Bordeaux depuis 30 ans (1991), voire le double si celle-ci s'assortit d'une descente sportive, jamais connue depuis la saison 1960-1961. Mais si lui semble jouer la montre, d'autres en revanche ont peu de temps devant eux pour ficeler un projet recevable. Il se pourrait néanmoins que l'un d'entre eux prenne une forme intéressante dans un proche avenir, plus tôt qu'on ne le croit. Il ne manquerait plus qu'alors, le seul frein à sa matérialisation soit ce maintien sportif en L1 de plus en plus incertain mais qui aurait dû être assuré depuis longtemps.
Au micro de Christophe Monzie qui commentait cette rencontre en direct intégral du stade du Moustoir Yves Allainmat à Lorient en compagnie de Frédéric Roux, ancien gardien de but des Girondins, écoutez les réactions d'après-match.
Réaction de Jean-Louis GASSET, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux.
Réaction de Christophe PELISSIER, l'entraîneur du FC Lorient.
Réaction de Benoît COSTIL, le gardien de but des Girondins de Bordeaux, qui ne mâche pas ses mots.
Réaction de Terem MOFFI, l'attaquant nigérian du FC Lorient, auteur d'un hat-trick.